Jeudi 23 avril 2009

Par odovin - Ecrire un commentaire - Publié dans : Alsace

Retrouvailles au Plaisirs Gourmands pour une soirée consacrée à l'étude comparative de vins alsaciens nés de terroirs différents.
Pour cela , nous dégustons 2 ou 3 vins d'un domaine dans un millésime jeune, intermédiaire et supérieur à 10 ans. 
La dégustation se fait à l'aveugle.

Mise en bouche :
Vin n°1 :
- Nez de fruits murs, et florale (acacia).
- Bouche souple, peu serrée, sans beaucoup de personnalité avec un sucre résiduel dominant une perception acide basse. Légère amertume en finale. Manque de définition.
Riesling Osterberg 2007 de la Cave Coopérative de Ribeauvillé.

Vin n°2 :
- Nez extraverti d'agrumes (ananas) pouvant faire penser à un levurage exogène, sans grande complexité.
- Bouche souple, creux de milieu de bouche, dominé par du sucre résiduel. Superficiel et sans définition.
Ce vin a été classé " Grand prix d'excellence au concours des meilleurs Rieslings du monde"!! : désespérant...
Riesling Rosacker 2005 du dom. F. Schwach.

1ère série :
Vin n°3 :
- Nez chaleureux amenant sur les fleurs blanches et le bouillon blanc, encore réservé.
- Bouche pleine, mais fine, nous faisant évoquer un terroir gréseux, portée par une acidité citronnée et de pamplemousse, bien structurée. Vin  sec ( sans perception de sucre résiduel).
Riesling Kessler 2007 du dom. Dirler-Cadé.

Vin n°4 :
- Beau nez terpénique, et sur les agrumes(ananas confit) moyennement complexe.
- Bouche à l'attaque riche due au sucre résiduel puis manque de précision et léger creux en milieu de bouche. Finale dominée par un côté alcooleux laissant une impression de mollesse.
Riesling Kessler 2000 du dom. Dirler-Cadé.

Vin n°5 :
-  Belle robe dorée.
- Nez miellé, encaustique, fruits jaunes confits, avenant.
- Bouche de vin sec, tendue, linéaire, fine, citronée, construite sur une acidité un peu dissociée  évoquant un millésime froid. Beau vin.
Riesling Kessler 1996 du dom. Dirler.

2ème série:
Vin n°6 :
- Nez réservé, de fruits jaunes nous faisant évoquer un chenin.
- Bouche fruitée dominée par une acidité dure pouvant faire suspecter un problème de bouteille. L'étiquette révélée renforce ce sentiment.
Riesling Ste-Catherine II1997 du dom. Weinbach.

Vin n°7 :
- Robe dorée.
- Nez complexe, élégant, subtile, un peu muscaté.
- Bouche légèrement terpénique, pleine, avec un peu de sucre résiduel, se développant sur une acidité longue épicée sur le quinquina, fine dans sa définition évoquant une origine granitique. Très beau vin.
Riesling Ste-Catherine II 1990 du dom. Weinbach.



3ème série:
Vin n°8 : 
- Nez sur la réserve, pur, subtil, sur des notes miellées et d'agrumes.
- Bouche parfaitement construite, profonde, dense avec une matière énorme, minérale, léger sucre résiduel,  équilibrée par une superbe acidité parfaitement intégrée, longue avec une pointe de salinité. Grand vin.
Seule la nature de l'acidité peut faire orienter sur un terroir granitique.
Riesling Sommerberg D 2002 du dom. A. Boxler.

Vin n° 9 :
- Nez très riche, botrytisé, truffé évoquant le millésime 1996.
- Bouche de grand volume, mais moins équilibrée, plus dominée par le sucre résiduel, plus dissociée, assez chaleureuse, acidité bien définie mais plus en retrait , finale légèrement alcooleuse.
Riesling Sommerberg D 1996 du dom. A. Boxler.
J'ai déjà beaucoup mieux goûté ce vin.

Vin n°10 :
- 1er nez réduit évoquant le cépage sauvignon à travers des notes de buis, puis évoluant à l'air sur un nez racé,complexe,  de notes d'agrumes.
- Bouche magnifique, pure, racée avec une juste conjonction entre la richesse de la matière et une acidité épicée, saline, longue, allant sur la quinquina. Le tout donne un ensemble très harmonieux et libre.
La différence avec le Schlossberg 1990 se fait sur une perception alcoolique moindre donnant une finale plus épurée. Grand vin.
Riesling Sommerberg 1988 du dom. A. Boxler.
Petite anecdote : j'ai dégusté ces vins à côté de Jean Boxler. Nous ne reconnaissons pas le 2002 cherchant ce vin dans le millésime 2007 ou 2005. Il croit reconnaître le 1996 sans me le dire. Quand le 1988 est servi, il me dit : mon père faisait des vins comme cela.

4ème série :
Vin n°11 :
- Nez de fleurs blanches, un peu dominé par l'alcool.
- Bouche dissociée, dominée par le sucre résiduel et manquant de longueur. A revoir.
Riesling Hengst 2005 du dom. Josmeyer.

Vin n°12 :
- Nez assez puissant portant sur le citron confit.
- Bouche bien équilibrée, acidité sur les amers, gourmande, encore jeune dans son expression fruitée.
Riesling Hengst 1995 du dom. Josmeyer.

Vin n°13 :
- Nez botrytisé, miellé, modérément complexe.
- Bouche riche, bien équilibrée, sucre résiduel digéré, mais manquant de vie donnant à l'ensemble une dimension monolithique et étroite. Le vin semble avoir été trop protégé.
Riesling Hengst 1989 du dom. Josmeyer.

5ème série :
Vin n°14 :
- Nez puissant, réservé avec léger alcool dominant.
- Bouche sèche, jeune, vivante, puissante, dissociée,  un peu dominée par l'alcool à ce stade, mais minérale et soutenue par une acidité racée et subtile.
A ma grande honte, je n'ai pas reconnu le terroir.
Riesling Rangen 2005 du dom. Zind-Humbrecht.

Vin n°15 :
- Nez botrytisé et miellé.
- Bouche riche en extrait sec, notes fumées (évoquant le terroir), sucre résiduel mais bel équilibre dévoilant néanmoins peu de complexité à ce stade.
Riesling Rangen 1998 du dom. Zind-Humbrecht.

Vin n°16 :
- Nez botrytisé, noble, racé, sur des notes d'agrumes.
- Bouche monumentale, sucre résiduel parfaitement intégré, racée, élégante, minérale, très fine au niveau de son expression grâce à une acidité de grande classe,arômes de citron confit, de pamplemousse.
Grand vin.
Riesling Rangen 1989 du dom. Zind-Humbrecht.

vin n°17 :
- Nez troublant de groseille à maquereau, un peu carton mouillé.
- Bouche intéressante, minérale, tourbée, construite sur une acidité fine un peu dure.
Riesling Rangen 1985 du dom. Zind-Humbrecht.

6éme série:
Vin n°18 :
- Nez fin, racé subtil sur des notes citronnées.
- bouche, sèche, pleine, sphérique, minérale,  un peu monacale, portée par une acidité vive, plus affirmée que racée à ce stade.
Riesling Clos- Ste-Hune 2002 du dom. Trimbach.

Vin n°19 : 
- Nez racé, pur, complexe sur le citron confit.
- Bouche accomplie, sèche, dense, harmonieuse, magnifique de pureté, prolongée par une acidité longue, citronnée parfaitement intégrée exprimant toute la noblesse d'un grand terroir calcaire. Grand vin.
Riesling Clos- Ste-Hune 1994 du dom. Trimbach.

Vin n°20 :
- 1er nez sur la réduction puis s'ouvrant à l'aération sur des notes subtiles d'orange confite et d'acacia.
- Bouche d'une jeunesse stupéfiante (pour l'âge du vin), apaisée, minérale sur les agrumes avec cette même acidité calcaire, mais l'ensemble dégage un profil légèrement plus sévère et moins lumineux que le vin précédent.
Grand vin.
Riesling Clos- Ste-Hune 1975 du dom. Trimbach.


Commentaire :  
Dégustation passionnante!
Sur un plan pédagogique, il faut noter que ces vins élaborés par de grands vignerons, dégagent dès leur jeunesse, tous les éléments inhérents à leurs terroirs respectifs notamment au niveau du caractère de l'acidité.
D'autre part répétons encore pour ceux qui en doutent ,que ces vins de terroir sont des vins qu'il faut laisser vieillir pour pouvoir profiter pleinement de leurs complexités.
D'autre part il apparaît que la clé de voûte de ces grands se situe au niveau de l'équilibre : le sucre résiduel n'est pas un handicap s'il est équilibré par la minéralité et l'acidité.












 


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Mercredi 15 avril 2009

Par odovin - Ecrire un commentaire - Publié dans : Bourgogne

Retrouvailles au Plaisir Gourmand pour une soirée consacrée aux vins du finage de Gevrey-Chambertin.
Un vôte à mains levées décide que la dégustation se fera étiquette découverte dans un souci de "comprendre" le vin, même si bien sûr  celle-ci peut nous amener à plus de subjectivité dans nos commentaires. 

Vin n°1 :
- Nez de fruits rouges qui pinote.
- Bouche souple, équilibrée de demi-corps sans beaucoup de fond, fruitée. Le boisé revient en fin de bouche et marque un peu les tanins amenant à une légère amertume.
Gevrey-Chambertin " Ostréa" 2006 du dom. Trapet.

Vin n°2 :
- Robe plus sombre.
- Nez de violette et de fruits rouges, grillé(bois) et de cassis.
- Bouche manquant de fraîcheur, boisé présent, tanins qui sèchent en finale.
Gevrey-Chambertin Vieilles Vignes 2006 du dom. D. Mortet.

Vin n°3 :
- Nez racinaire, de choux orientant facilement sur le millésime.
- Bouche de plus grand volume, plus charnue, plus pleine, dense, meilleur intégration du boisé mais la finale est un peu brutale.
Gevrey-Chambertin Cinq Terroirs 2004 du dom. D. Mortet.

Vin n°4 :
- Nez fin, fraise écrasée, du menthol.
- Bouche plus élégante avec plus de fraicheur dans laquelle on retrouve le fruit, belle longueur avec une acidité légèrement saline.
Gevrey-Chambertin 1er cru " Aux Combottes" 2006 de Dujac.

Vin n°5 :
- Nez complexe et noble de terre, de fraise, de cuir.
- Bouche décevante à l'attaque floue, manquant de structure et d'équilibre à la finale doucereuse. A revoir.
Gevrey-Chambertin 1er cru "Les Poissenots" 2002 du dom. Geantet-Pansiot.

Vin n°6 :
- Nez complexe, de fraise, d'épices, de cuir évoquant un beau pinot.
- Bouche équilibrée, pleine, avec une meilleur intégration du boisé et de l'acidité, manquant néanmoins d'un peu de subtilité.

Gevrey-Chambertin 1er cru "Les Poissenots" 1993 du dom. Geantet-Pansiot.

Vin n°7 :
- Nez moderne, très mur amenant sur des notes de cerise et les épices, évoquant presque une Syrah septentrionale.
- Bouche mure à la trame manquant de tension et de minéralité avec un élevage trop dominant.
Gevrey-Chambertin 1er cru "Les Champeaux" 2006 du dom. D. Mortet.

Vin n°8 :
- Nez évoquant d'emblée le millésime 2004 (cf. plus haut), très mur.
- Bouche séveuse, plus équilibrée , à la trame plus serrée tout en gardant une note végétale.
Gevrey-Chambertin 1er cru "Les Champeaux" 2006 du dom. D. Mortet.

Vin n°9 :
- Nez de beau pinot, mur,élégant, assez chaleureux.
- Bouche fruitée, léger déséquilibre alcooleux, plus longue, assez aérienne mais manquant de finesse et de précision en finale.
Griotte-Chambertin 2006 du dom. Ponsot.

Vin n°10 :
- Nez complexe, mêlant des fragances florales, de tabac et d'épices.
- Bouche accomplie, mariant finesse et élégance s'appuyant sur une minéralité donnant de la race à l'ensemble. Grand.
Chapelle-Chambertin 2006 du dom. Trapet.

Vin n°11 :
- Nez précis, net, racé et gourmand.
- Bouche un peu plus ferme que celle du vin précédent, plus masculine, mais profonde et se révélant pleinement en rétro-olfaction. Grand.
Latricières-Chambertin 2006 du dom. Trapet.

Vin n°12 :
- Nez profond, riche et épicé.
- Bouche moderne, suave, fruitée, puissante, gourmande, minéralité, beau travail d'élevage. Une réussite.
Mazoyères-Chambertin 2006 du dom. Perrot-Minot.

Vin n°13 :
- Nez réservé, profond.
- Bouche équilibrée, parfaitement structurée. Juste conjonction entre la tension, la minéralité , la densité de la matière et la noblesse des tanins amenant à une texture de grande classe, délicate. Grande longueur fine et racée.
Grand.
Chambertin 2006 du dom. Trapet.

Vin n°14 :
- Nez imprécis, un peu métallique se développant sur les épices, des notes viandées et le cuir.
- Bouche puissante, un peu terne, dominée par des notes alcooleuses à la finale manquant de précision.
Chambertin 1993 du dom. Trapet.

Commentaire :
De grands terroirs, de belles étiquettes, des vignerons prestigieux...
Et pourtant encore une fois, on peut s'attendre à un niveau général de vins plus accomplis que ceux qui nous ont été proposés.
Comprenons nous bien : ce jugement est lié au degré d'exigence légitime par rapport à des bouteilles qui valent entre 70 et 100 Euros.
Le pinot noir ne supporte aucun effet de style, ni de déséquilibre.
Pour terminer positivement, notons la réussite impréssionante des vins de Jean-Louis Trapet dans le millésime 2006.


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Samedi 21 mars 2009

Par odovin - Ecrire un commentaire - Publié dans : Alsace

Les différents vins sont répartis en 5 tables : une première pour le Pinot, Zind, Muscats et des Rieslings de plaine, la deuxième pour les Rieslings de coteaux et Grands Crus, la troisième est occupée par les Pinot-Gris, la quatrième par les Gewurztraminers et la dernière est celle des Vendanges Tardives et sélection de Grains nobles. 
Vous l'aurez compris, le domaine présente chaque année de nombreuses cuvées.
Cette année , ce sont 40 vins différents qui sont proposés , ce qui est assez phénoménal pour un domaine travaillant entièrement en biodynamie. On peut imaginer la quantité de travail dans les vignes que cela représente.

Avant de commenter les vins, je publie les notes fournies par le domaine pour expliquer le millésime 2007.

(notes Olivier Humbrecht)

Le millésime 2007
Domaine Zind-Humbrecht

2007 est ma dix-huitième récolte, et je ne peux comparer ce millésime avec aucun des précédents. Il présente un profil climatique des plus intéressants, et a donné naissance à des vins de styles étonnants et variés...

 

Le débourrement fut extrêmement précoce, survenant dès la fin mars dans la plupart des terroirs. Mi-avril, les vignes étaient déjà bien vertes, nous faisant craindre le pire en cas de gelées. Avril et mai étaient très chauds et secs, provoquant une floraison très précoce, tout comme en 2003. La floraison fut rapide et homogène dans tous les terroirs, les grappes étaient régulières et de belle taille. En juin, juillet, et tout spécialement août, des périodes chaudes alternèrent avec des journées plus fraîches et plus humides. A la mi-juillet, la vendange était encore prévue pour la fin août, mais progressivement, avec le raisin mûrissant plus lentement dans des conditions plus fraîches, le début des vendanges fut repoussé à début septembre. L’humidité persistante et des précipitations importantes ont amené des conditions de travail difficiles tout au long de l’été. Il fallait savoir profiter de chaque période d’accalmie pour pouvoir traiter les vignes. Les préparations biodynamiques et les décoctions de plantes nous ont aidés à ne pas augmenter les doses et la fréquence des traitements. Bien évidemment, il y a eu un peu de mildiou sur les jeunes feuilles sur le haut du palissage, mais sans que cela puisse nuire à la qualité. Fin août, le temps était redevenu beaucoup plus sec et chaud, permettant aux raisins d’atteindre une bonne concentration tout en gardant une superbe acidité et un excellent état sanitaire.

La récolte sur le domaine a commencé très tôt, le 7 septembre, et le temps sec nous a permis d’étaler la vendange jusqu’à la mi-octobre et de profiter ainsi du potentiel de cet extraordinaire millésime. La pourriture noble a commencé à s’installer sur les raisins vers la fin septembre, particulièrement sur les cépages Pinot gris et Gewürztraminer.

En 2007, les raisins ont disposé d’une très longue saison de maturation, sans aucun stress hydrique ou thermique pendant l’été, et bénéficié de journées fraîches et ensoleillées en septembre et octobre. Que rêver de mieux ? Les raisins sont restés sains, marqués par une superbe acidité, mûrissant lentement et développant des arômes complexes. 2007 est assurément un grand millésime.

Plus qu’en toute autre année, il a été important de s’adapter aux conditions climatiques particulières. Les vignobles ont été labourés tôt, pour éviter une compétition excessive avec l’herbe pendant les mois secs d’avril et mai, mais lorsque les pluies sont devenues de plus en plus importantes, nous avons laissé pousser l’herbe entre les rangs pour pouvoir accéder à la vigne quel que soit le temps. Les investissements réalisés les années précédentes (chenillards plus petits et plus légers, micro-tracteurs) se sont révélés très utiles en 2007. Ces engins ne causent pas de tassement, et permettent d’entrer dans les vignes même lorsque les sols sont très glissants et fragiles. Le contrôle des maladies (particulièrement le mildiou) a été crucial. Les moisissures se développent de nuit par une humidité de 100% et au-dessus d’un certain seuil de température. Ces conditions ont été rencontrées de manière presque permanente pendant l’été 2007. Des problèmes se sont produits lorsque la cadence des traitements ne pouvait être maintenue (parce que cela aurait impliqué de travailler le week-end, ou bien très tôt ou très tard dans la journée, ou que les engins lourds ne pouvaient entrer dans les vignes après de fortes pluies). En culture biologique et biodynamique, nous utilisons la bouillie bordelaise (sulfate de cuivre) fortement diluée. Comme nous voulons limiter les doses de cuivre, la bouillie est souvent mêlée à des décoctions de plantes ou des préparations pour rendre la vigne plus résistante et lui permettre de se défendre par elle-même. Cependant, ces faibles doses nous ont parfois obligés à répéter les traitements chaque semaine.

Le fait que les raisins soient restés sains, avec une très forte acidité, nous a permis de produire des vins très secs sur le cépage Riesling. Pratiquement tout ce qui a été vendangé vers la mi-septembre a fermenté complètement sec ou presque. Nous avons presque envisagé de donner un indice 0 à certains vins (l’échelle normale va de 1 à 5, 1 étant le plus sec). Les rendements ont été un peu plus élevés que d’habitude, mais au vu de la qualité exceptionnelle, nous ne nous en plaindrons pas. La moyenne a été de 47 hl/ha en AOC Alsace et 31 hl/ha en grand cru.

2007 est encore un autre de ces millésimes passionnants qui démontre tout le bien-fondé de la culture biodynamique.

Indice: Niveau de sucrosité au palais. Cette note essaye de combiner les sucres résiduels, l’alcool, l’acidité et la structure générale du vin pour mieux en comprendre son style. Il est clair que cette perception peut varier d’une personne à l’autre et cet indice n’est là que pour éviter d’éventuelles erreurs de service du vin. Echelle de 1 à 5 : 1 : vin techniquement sec ou se goûtant sec. 2 : pas techniquement sec, mais les sucres ne sont pas apparents de façon évidente au palais. Certains dégustateurs peuvent trouver une légère rondeur en fin de bouche. Ces vins se goûteront sec avec un certain vieillissement en bouteille. 3 : sucrosité moyenne, plus importante dans la jeunesse du vin, qui s’estompera progressivement avec l’âge. 4 : vin moelleux. 5 : Vin moelleux, très proche d’une vendange tardive. Alc : alcool acquis en fin de fermentation, SR : sucres résiduels.



LA DEGUSTATION :  tous les vins ne feront pas l'objet d'un commentaire qui généralement se voudra succint.
Il ne faut pas oublier que certains vins viennent de subir une mise en bouteille très récente qui a pu les perturber.

- Pinot d'Alsace 2007 :2 g/l. de sucre résiduel(S.R.), Auxerrois et Pinot Blanc, indice 1.
Nez fruité moyennement défini.
Bouche puissante et douçâtre malgré le peu de sucre restant,assez rond, légère amertume en finale.

- Zind 2007 :12g/l de S.R., Chardonnay(65%), Auxerrois(35%) issus du Clos Windsbuhl, indice 2.
Nez fruité, frais, sur les agrumes.
Bouche de type 1/2 sec, sur des notes d'agrumes, sapide, acidité fine, facile à boire.

- Clos Windsbuhl 2007 :1.7 g/l S.R., calcaire muchelkalk, 100% Chardonnay du Clos Windsbuhl, indice 1.
Huit pièces de ce vin ont été produites cette année.
Nez intéressant, vivant, sur un profil légèrement oxydatif et de fruits murs.
Bouche montrant de la personnalité s'appuyant sur un beau volume, minérale, longue et bien dessinée par une acidité fine de type calcaire.

- Muscat  Goldert 2007 :6 g/l S.R., calcaire oolithique,Muscat d'Alsace (90%), Ottonel (10%), indice 1.
Dès le 1 er nez , on devine que le vin est grand.
Que demande t'on à un Muscat? d'exprimer un fruit mur , pur. De ne pas trop "friquotter " avec les sucres. D'être équilibré.
Si en plus celui-ci nous propose, de la précision au niveau des arômes du nez et de la bouche, si cette dernière associe de la race, de la minéralité et se termine par une acidité intégrée , et longue, on ne peut -être que conquis et s'incliner, ce que je m'empresse de faire.




 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  - Riesling Gueberschwihr 2007 : 4.8 g/l S.R., argilo-calacaro-siliceux, indice 1.
Nez mur, sur les fruits jaunes , encore sur la réserve.
Bouche joliment structurée conjuguant un caractère solaire affirmé, gras, bien équilibré par une acidité fine longue et saline.

- Riesling Clos Haüserer 2007 : 7g/l S;R; marno-calcaire, indice 1.
Nez complexe, sur la réserve, prédominant sur les fruits jaunes.
Bouche également en intériorité, dense à l'attaque puis réservée ensuite, donnant une sensation tactile tannique, un peu crayeuse, minérale, puis se finissant par une acidité fine.

- Riesling Clos Windsbuhl 2007 : 1.4g/l S.R., calcaire Muschelkalk, indice 1.
Quand la pureté ne confine pas à la nudité...
Nez réservé, pur, prédominant sur les agrumes.
Bouche magnifiquement structurée et dessinée, épurée, de grand volume mais gardant une expression très calcaire et fine, minérale, encore austère à ce stade mais complexe, se prolongeant par une acidité racée.
Un des grands vins du millésime.

  

 

 











- Riesling Rangen de Thann Clos- Saint-Urbain 2007 : 2g/l S.R., volcanique, indice 1.
Nez réservé, pur, racé, sur des notes légèrement tourbées .
Bouche parfaitement structurée, équilibre souverain, précise, racée, avec beaucoup de personnalité, amers complexes ramenant sur des arômes fumés, pureté minérale mise en évidence par une acidité fine, saline,  d'une longueur infinie.
Le vin du millésime?

 

















- Riesling Brand Vieilles vignes 2007 :18g/l S.R., granite de la parcelle du Schneckelsburg, Indice 3.
Avec ce vin, on rentre dans une autre expression du riesling : touché par le botrytis, la surmaturité amène au nez  des arômes miellés et d'agrumes élégants.
On retrouve cette notion d'élégancedans une bouche subtile, riche en extrait sec,  à la trame fine parfaitement conforme avec la nature granitique du terroir. La noblesse de la bouche repose sur l'expression de la minéralité plus qu'à l'expression de l'acidité qui est discrète. Ce vin affiche pour le moment un profil plus liquoreux que 1/2 sec. 
Son évolution gustative sera dépendant  de celle du sucre résiduel.

- Pinot-Gris Clos Windsbuhl 2007 : 9 g/lS.R., Indice 2.
Nez puissant (alcool 15,3°) encore sur la réserve discrètement fumé et d'agrumes jaunes.
Bouche encore dissociée en 3 temps : attaque puissante, large, structurée par la minéralité servant de contre-point, pour ensuite laisser place à une acidité saline de type calcaire, très fine et élancée.

- Pinot-Gris Rangen de Thann 2007 : 22.5g/lS.R., indice 3.
Nez puissant (alcool 15°) peu expressif à ce stade, prédominants sur des notes fuméeset de cailloux chauds.
Ici, la bouche est aussi dissociée mais différemment (en 2 temps)  : attaque puissante, riche, avec du gras suivie aussitôt par une acidité affirmée, mure et longue.

- Un mot sur  Gewurztraminer  Windsbuhl, Rangen et Hengst 2007:
Ces 3 vins ont une personnalité, un caractère et une identité très marqués. La nature du terroir domine complètement l'expression variétale du cépage.
Les matières sont de toute beauté.
Mais , je pense humblement qu'il est très difficile de les cerner en ce moment  et qu'il faut attendre qu'ils s' harmonisent.


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Mardi 17 mars 2009

Par odovin - Ecrire un commentaire - Publié dans : Alsace
Si le mois de Mars est celui du retour théorique des beaux jours, il marque également chaque année, la présentation par le domaine du nouveau millésime commercialisé, soit 2007.
Les différentes plaques minéralogiques des nombreux véhicules garés dans la cour gravillonnée témoignent de la grande diversité géographique des personnes conviées à cette manifestation : Suisse, Allemagne, Belgique...
Bien sûr de nombreux sommeliers et cavistes de la région sont également présents.

Hasard ou pas , alors que je me dirige vers la cave, je remarque que les vignes sont en train d'être labourées par un cheval.
L'opération consiste à pratiquer un "déchaussage" de Printemps, c'est à dire d'enlever la terre que l'on a mis au pied du cep  au début de l'hiver, pour le protéger du froid et des gelées.
Dans un premier temps, on recouvre le sillon médian, puis l'on viendra secondairement avec un autre outil se rapprocher des ceps pour finir le déchaussage.
La démonstration est passionnante  et l'on se rend aisémment compte de l'avantage que procure cette méthode pour l'aération et le non tassage du sol.



Avant le déchaussage.

Pendant...
Voilà le résultat.
N'oublions pas la vedette...

Bon, il est temps d'aller déguster.


























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Lundi 23 février 2009

Par odovin - Ecrire un commentaire - Publié dans : Languedoc-Roussillon

Le thème de la dégustation organisé par le Savour Salm de ce soir (Mi-Février 2009) porte sur les vins du Roussillon.
Pour être plus précis, nous voulions aller à la rencontre de vins qui nous sortent de l'image trop souvent classique des cuvées de cette région,  puissantes, riches en alcool, souvent dénuées de finesse et de buvabilité.

Pour se faire, nous avons fait une approche forcément subjective  de certains vignerons  en nous inspirant notamment des écrits de la revue "Le Rouge et le Blanc" dans son numéro 88. 

La dégustation a été faite étiquette découverte.

LES VINS BLANCS :

Côtes-du-Roussillon cuvée " Terres Nouvelles" 2007 de La Préceptorie de Centernach :

- 35% de Macabeu, 65% de Grenache, sur terroirs de shistes élevés en fûts de 1 à 3 ans.
- Robe jaune pâle, nez assez simple sur les fruits jaunes.
- Bouche sapide, fluide, acidulée, un léger boisé ressort, longueur moyenne mais sait rester fraîche.














V.D.P. des Côtes Catalanes cuvée "Laîs" 2007 de Olivier Pithon :

- 50%de Macabeu, 50% Grenache blanc et gris ( Rendements de 15 Hl/ha), sur coteaux schisteux élevés en barriques neuves, 1 ou 2 ans et pour une part en 1/2 muids.
- Robe jaune pâle, nez sur l'ananas puis anisées et fenouil.
- Bouche à l'attaque dense non dénuée de finesse, minéralité, finale fraîche et fine.
Vin vivant.













V.D.P. des Côtes Catalanes Blanc 2007 du Clos du Rouge -Gorge (Cyril Fhal) :

- Vieilles vignes de Macabeu sur terroirs de gneiss et sablo-limoneux élevées 10 mois en barriques.
- Nez puissant avec quelques agrumes mais aussi  de noisette  et d'amande amère.
- Bouche à l'attaque fraîche portée par une acidité saline parfaitement définie, minéralité , beaucoup d'élégance et de vie.














V.D.P. des Côtes Catalanes Vieilles Vignes 2006 du Domaine Gauby :

-Vignes âgées de 50 à 100 ans .
- Macabeu (40 %), Grenache Blanc (30%), Carignan Blanc( 5%), Granache Gris ( 10%), Chardonnay ( 30%) élévés sur terroirs variés de marnes , calcaires, argilo-calcaires et schistes.
- Elevage en barriques (65%) et cuves ( 35%).
- Nez puissant mêlant les arômes de fenouil et de fruits jaunes.
- Bouche large, puissante, alcooleuse, avec creux en milieu de bouche, marquée par les notes d'élevage boisées, floue en finale.













V.D.P. des Côtes Catalanes "D.18" 2005 de Olivier Pithon:

- assemblage de Grenache Blanc et Gris.
- élevés 12 à 18 mois en cuve bois.
- Nez précis, frais et profond miellé et d'agrumes (pomelos).
- Attaque de bouche nette, enlevée, fraîche mais dense puis déroulement sur une acidité intégrée, longue parfaitement dessinée donnant de la subtilité à l'ensemble.
La différence avec le vin du Clos du Rouge Gorge se fait sur la précision.
Grand vin.













Collioure "L'Argile" 2005 du domaine de La Rectorie :

- Grenache gris fermenté en cuve et barrique.
- Nez complexe, évolutif, moins précis que le précédent mais élégant avec des arômes de fraise, fenouil, ail des ours, de miel.
- Bouche possédant un bel équilibre, de la mâche, acidité saline bien définie mais moins élégante.
Bon vin manquant néanmoins d'un peu de vibration.















LES VINS ROUGES :


Côtes du Roussillon-Villages Tautavel "Le Mascarou" 2004 du Domaine des Chênes :

- Assemblage de Syrah, Mourvèdre, Grenache noir et Carignan élevés en barriques et en cuves.
- Nez épanoui de fumé, de lard, de griottes et de mures.
- En bouche, matière charnue, gourmande, légère sucrosité mais gardant de la fraîcheur.














Côtes du Roussillon -Villages "Ciel Liquide" 2004 du domaine Jean-Philippe Padié :

- Vieilles vignes de Grenache noir et Carignan ( 70%) sur marnes, shistes et argilo-calcaire, Syrah et Mourvèdre ( 30%) sur shistes élevés en demi-muids et barriques ( 20%) douze mois puis en  cuve béton pdt 6 mois.
- Nez précis et frais sur les fruits noirs et quelques épices.
Bouche fraîche, équilibrée, très élégante mais structurée et parfaitement dessinée avec un soyeux et finesse de tanins remarquables. Finale longue.














Côtes-du-Roussillon cuvée "Saturne" 2004 de Olivier Pithon :

- Vieux Grenaches noirs et Carignan sur schistes, élevés en foudres de chêne.
- Nez plus discret, mais intéressant, frais, mêlant des notes minérales et d'élevage.
Bouche tendue, minérale, équilibrée, peu profonde , vivante, sans artifice sachant restée fine. Beaucoup de buvabilité.















Côtes-du-Roussillon cuvée "Petit Taureau" 2005 du domaine Jean-Philippe Padié :

- Assemblage  de Carignan (50%), Syrah (30%), Granache Noir (10%) et Mourvèdre (10%) élevés en cuve béton pendant 12 mois.
La différence avec la cuvée  Ciel Liquide est intéressante puisqu'il est clair que s'agissant de vignes plus jeunes, la volonté du vigneron est , grâce notamment au choix de l'élevage, de privilégier fraîcheur et  sapidité.
- Nez terrien moyennement défini.
Bouche évidente, plus rustique que l'autre cuvée,  fraîche et vivante. Longueur moyenne. Donne beaucoup de plaisir.
 












V.D.P. des Côtes Catalanes "Vieilles Vignes" 2005  du Clos du Rouge-Gorge :

- 95% de Carignan et 5% de Grenache (entre 50 et 100 ans) élevés en barriques neuves et d'un vin.
- Nez complexe, fruits purs, épices subtils mêlant le poivre, gingembre, et cardamone.
- Bouche passionnante, plus vivante mais un peu moins raffinée que Ciel Liquide, plus profonde que Saturne, dense mais fine, épicée et minérale subtilement dessinée par les tanins et finissant longue et fraîche.
 














Côtes-du-Roussillon-Villages 'Veilles Vignes" 2005 du domaine du Clos des Fées :

- Assemblage de Grenache et Carignan avec un peu de Syrah élevés en barriques d'un vin puis affinés 2 mois en cuve. 
- Nez épanoui dominé par les fruits noirs, plein mais sans lourdeur.
Bouche pleine, dense, minérale , fine car dessinée par un beau grain de tanins civilisé s'opposant à la fougue sauvage de la matière première.
Finesse dominante dans une finale élégante.














Commentaire (succinct) :

Quelques fois, certaines dégustations répondent à ce que nous espérions. Ce fut le cas de celle-ci.
Le groupe a été très surpris de la fraîcheur , finesse, buvabilité et vie que l'on a pu trouver dans ces vins.
A titre personnel et s'il fallait sortir les 2 vins que j'ai préféré, je citerais D 18 en blanc et celui du Clos du Rouge-Gorge en rouge, mais l'ensemble était passionnant.
Un bémol, puisqu'il en faut un pour le vin de Gauby. 


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  • : Issu des vendanges 1963, ce qui n'est pas le plus formidable argument de qualité, je développe tranquillement mon système racinaire jusqu'au jour, où croisant un 1961, je décide d'arrêter la 1664. Depuis ce jour, je déguste , visite vignes et chais, rencontre vignerons et amateurs, enfin tout ce qui façonne le monde formidable du vin. Initiateur ou participant de clubs de dégustation, j'ai décidé de faire figurer ici les émotions de ma passion.
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