Certains mots ou phrases lus ou entendus nous touchent plus que d'autres.
Je vous les livre.
" (...)...Vous préparez un livre sur l'ivresse. L'éloge d'un tabou?
- Quand j'avais entre 20 et 30 ans, l'idée que le bien-être faisait partie des libertés et des devoirs humains existait encore. On était là pour que la vie soit riante. Il n'y avait rien de
scandaleux et d'immoral.
La vie avait le temps de nous décevoir. Quand les choses étaient belles , il fallait le dire.
Cette idée d'ivresse, c'est aussi quelque chose d'extraordinaire et d'infiniment convivial. Quand je revendique l'ivresse, je revendique la vie.
Comment allez vous aborder le sujet?
- Avec ces tablées où les gens ne peuvent plus se quitter parce qu'ils sont bien ensemble. Quand on oublie le temps, on ressent cette sorte de bonheur qui nous soulève. On s'abandonne. On peut
avoir des ivresses de lecture, d'amour, d'amitié, de rire. C'est là que l'homme est le plus beau.
L'ivresse, c'est quand un homme est ivre de vie. Et pleinement heureux, on rend les autres heureux! L'ivresse est une des formes extrêmes de l'existence. Mais aujourdhui, on a peur de
l'excessif. On s'interdit, on l'interdit. C'est un interdit de trop!
Que dit cette censure sur l'esprit français actuel?
- La notion de bonheur est bridée, brimée, encadrée, formatée. On est en train de la détruire. L'homme n'a plus le droit d'être heureux que d'une manière décidée par l'état...."
Yann Queffélec dans la R.V.F. mars 2008.
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